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TITRE
Les ressources de la conclusion (636)

ASCENDANCE
Manuel de la grammaire française (0)
Le syntagme proposition (442)
La subordination et les subordonnées (518)
Les subordonnées adverbiales (593)
Le système conditionnel (626)

PAGES SŒURS
Les ressources de la conclusion (636)

SOMMAIRE
L'emploi normal du conditionnel dans la conclusion
Les temps et les modes de la conclusion
Le plus-que-parfait du subjonctif dans la conclusion
L'imparfait de la conséquence infaillible dans la conclusion
L'occasion ratée exprimée par l'imparfait
Le conditionnel surcomposé
Le plus-que-parfait surcomposé du subjonctif dans la conclusion
Le conditionnel absolu
Le conditionnel supplétif du subjonctif
L'imparfait et le plus-que-parfait de l'indicatif dans la conclusion
Les introducteurs de conclusion - vue d'ensemble
La résomption dans la conclusion

L'emploi normal du conditionnel dans la conclusion

Voir la page connexe Degrés de réalité et relations temporelles.

Les temps et les modes de la conclusion

Prémisse irréelle

Si la prémisse est irréelle, la conclusion doit être, elle aussi, irréelle. Les formes de la conclusion irréelle sont le conditionnel présent et le conditionnel passé.

Prémisse réelle

Si la prémisse est réelle, les modes et les temps de la conclusion ne sont subordonnés à aucune règle spécifique. La conclusion peut contenir l'impératif (si tu veux revenir, reviens vite), le futur (si tu reviens maintenant, tu auras des ennuis), le conditionnel absolu (si tu reviens, je voudrais t'accueillir solennellement).

Le plus-que-parfait du subjonctif dans la conclusion

Dans la langue soignée, le plus-que-parfait du subjonctif peut remplacer le conditionnel passé dans tous les types de proposition : prémisse, conclusion, proposition indépendante. L'emploi du plus-que-parfait du subjonctif dans la prémisse et dans la conclusion ne s'entraînent pas mutuellement.

Principale

en eût-il conçu le projet, (qu')il n'eût pas eu le courage de l'exécuter
je fusse tombée, s'il ne m'eût tenue
l'eût-il demandé, nous eussions immédiatement accepté
la route eût-elle été plus sèche, l'accident ne se fût pas produit
s'il eût continué, cela eût mal tourné
s'il fût venu, elle eût été heureuse
si la nature avait eu beaucoup plus d'esprit, elle eût fait l'économie du peu qu'elle nous a donné (Valéry)

Proposition indépendante

combien eussé-je préféré cette solution
comment ne l'eussé-je pas reconnu ?
eussiez-vous préféré, Monsieur le Directeur, que je couchasse avec Madame votre femme ?
il eût été plus normal que
ils l'eussent dédaigneusement refusé
j'eusse aimé vivre au dix-huitième siècle
j'eusse aimé vous voir plus tôt
je n'eusse pas songé à exiger de lui de la pitié (Mallet-Joris)
on eût dit un miracle
on eût entendu tomber une feuille
pourquoi les eussé-je loués d'être grands ? (Sartre)
que c'eût été préférable
qui l'eût cru ?

Voir aussi la remarque sur le plus-que-parfait du subjonctif à la page connexe Le subjonctif dans la prémisse.

L'imparfait de la conséquence infaillible dans la conclusion

Ce phénomène est aussi appelé l'imminence contrecarrée.

Exemple préliminaire

si je faisais un pas de plus, je tombais dans la rivière

Caractéristiques générales

¤ La conclusion

Le conditionnel passé de la conclusion peut être remplacé par l'imparfait si la phrase conditionnelle exprime une conséquence infaillible, une occasion ratée, un danger immédiat évité de justesse.

¤ La prémisse

Le verbe de la prémisse peut être à l'imparfait ou au plus-que-parfait.

La prémisse peut aussi prendre la forme d'une expression adverbiale. Nous disons que cette expression adverbiale est une prémisse averbale ou une quasi-prémisse. Les expressions prépositionnelles à sans sont courantes comme quasi-prémisses. Les locutions pour un peu, un peu plus, un peu de plus, encore un peu sont des quasi-prémisses usuelles.

¤ L'introducteur de conclusion - et

La conclusion peut être introduite par et, sauf si la prémisse est une prémisse verbale ou une quasi-prémisse à sans.

¤ Donc les cas à envisager sont

Conclusion à l'imparfait, prémisse au plus-que-parfait

Conclusion à l'imparfait, prémisse à l'imparfait

Conclusion à l'imparfait, prémisse averbale, sans l'introducteur de conclusion et

Conclusion à l'imparfait, prémisse averbale, avec l'introducteur de conclusion et

¤ Notons que la prémisse averbale n'est pas nécessairement suivie de l'imparfait dans la conclusion. Le verbe de la conclusion qui suit la prémisse averbale peut être au présent, au futur ou au conditionnel. Voir la page connexe Les ressources mineures de la prémisse - rubrique La prémisse averbale.

Exemples

¤ Prémisse verbale - plus-que-parfait

s'il était rentré quelques minutes plus tôt, il était déporté avec le reste de sa famille
s'il était tombé, il se noyait
s'il n'avait pas plu dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, l'avenir de l'Europe était changé (Hugo)
si tu n'étais pas venu, j'appelais ta femme

¤ Prémisse verbale - imparfait

si je faisais un pas de plus, je tombais dans la rivière
si c'était le vieil empereur qui avait été tué, la guerre éclatait aujourd'hui (Dorgelès)
si nous étions parti plus tard, nous le manquions
si vous n'étiez pas arrivé à temps, cet enfant se noyait

¤ Prémisse averbale - sans et

alors une masse tomba, en les frôlant de si près, tous les quatre, qu'un peu plus il étaient morts (Flaubert)
pour un peu, il avait raté son train
sans la bûche, j'étais pincé en flagrant délit (Maupassant)
sans la présence d'esprit du mécanicien, le train déraillait
sans moi, vous laissiez éteindre le feu
sans toi, je m'ennuyais
sans votre courage, cet enfant était mort
un peu plus, ils étaient morts

¤ Prémisse averbale - avec et

encore un coup de vent et la baraque s'écroulait
un brin de chance et j'étais maintenant milliardaire
un pas de plus et ils lui tiraient dessus
un peu plus et il écrasait le chien
un peu plus et il oubliait son rendez-vous
un peu plus et je partais

L'occasion ratée exprimée par l'imparfait

il fallait le dire plus tôt

Voir la page connexe Les temps simples de l'indicatif - l'imparfait - rubrique L'imparfait de l'occasion ratée.

Le conditionnel surcomposé

Le conditionnel surcomposé est limité à l'emploi absolu dans la proposition indépendante. Voir la page connexe Le conditionnel absolu.

sans lui, j'aurais eu dîné de meilleure heure
s'il avait été tué, on lui aurait trouvé son corps, on l'aurait eu vu de l'observatoire (Barbusse)

Le plus-que-parfait surcomposé du subjonctif dans la conclusion

de par la rage de sa passion Jacques eût eu acquis des boutons sur la face s'il n'eût eu Martine pour s'exercer (Queneau)

Le conditionnel absolu

Voir la page connexe Le conditionnel absolu.

Le conditionnel supplétif du subjonctif

on craint que la guerre, si elle éclatait, n'entraînât des maux incalculables

Voir la page connexe Subjonctif - temps supplétifs et simplifications pour l'étude des temps supplétifs du subjonctif. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif font fonction de conditionnel présent et conditionnel passé du subjonctif. Dans l'exemple donné ci-dessus, la phrase conditionnelle entière se comporte en subordonnée par rapport à craindre. Autrement dit, la paraphrase de l'exemple est {on craint ceci : si la guerre éclatait, elle entraînerait des maux incalculables}. Entraînât est le subjonctif supplétif de entraînerait.

L'imparfait et le plus-que-parfait de l'indicatif dans la conclusion

L'imparfait et le plus-que-parfait de l'indicatif peuvent remplacer le conditionnel passé de la conclusion dans la langue populaire et dans la langue littéraire.

La prémisse irréelle a la forme canonique

La prémisse irréelle est introduite par si. Le verbe de la prémisse est au plus-que-parfait.

au bout de vingt ans, si le travail marchait, ils pouvaient avoir une rente
certes, si nous avions passé huit jours ensemble, je l'épousais (Maupassant)
Fontanet me confia que, si l'on faisait encore du Coquempot en huitième, il s'engageait comme mousse sur un grand navire (France)
il a déclaré que si on ne l'augmentait pas, il partait
s'il avait continué, il avait tout perdu
s'il avait continué, il perdait tout
si Napoléon l'emportait que devenait notre liberté ? (Chateaubriand)
si Panisse avait coupé à cœur, César avait gagné (Pagnol)
si ces maraudeurs avaient eu plus d'audace, Bonaparte demeurait prisonnier (Chateaubriand)
si je n'avais pas été jeté à l'écart par des hommes aveugles, le cours de nos destinées changeait; la France reprenait ses frontières, l'équilibre de l'Europe était rétabli; la Restauration, devenue glorieuse, aurait pu vivre encore longtemps (Chateaubriand)
si je ne vous avais pas prévenu, la poule mangeait tout (Zola)
si nous n'avions pas été prévenus, nous arrivions trop tard
si sa conduite avait été excellente, le pardon était accordé; si médiocre, le fouet était modéré; si méchante, la correction était bien rigoureuse (Restif de La Bretonne)
si tu n'étais pas venue me surprendre, je repartais sans t'avoir vue (Gide)

Si est omis dans la prémisse

Si est omis. La prémisse et la conclusion sont l'une et l'autre à l'imparfait.

il arrivait, tout était encore possible =
{s'il était arrivé, tout aurait encore été possible}

Les introducteurs de conclusion - vue d'ensemble

L'introducteur de conclusion et n'a rien de mystérieux : et exprime souvent un lien causal ou temporel entre deux événements.

L'introducteur de conclusion que est plus difficile à analyser. Il pourrait s'agir d'un vague lien de parenté entre l'introducteur de conclusion que et l'introducteur de principale que du groupe de subordonnées temporelles que nous étudions à la page connexe La subordonnée temporelle fléchie - jonctions diverses.

L'introducteur de conclusion et

¤ Voir la page connexe Le subjonctif dans la prémisse - rubrique Le subjonctif sans inversion.

¤ Voir la page connexe Les ressources mineures de la prémisse - rubrique L'impératif dans la prémisse.

¤ Voir la rubrique L'imparfait de la conséquence infaillible dans la conclusion plus haut sur cette page.

L'introducteur de conclusion que

¤ Voir la page connexe L'indicatif dans la prémisse - rubrique L'inversion ayant la valeur chaque fois que.

¤ Voir la page connexe Le conditionnel dans la prémisse - rubrique Le conditionnel dans la prémisse sans conjonction.

¤ Voir la page connexe Le subjonctif dans la prémisse - rubrique Le subjonctif avec inversion semi-concessive.

La résomption dans la conclusion

si vraiment il était écrit qu'une femme devait être dans ma vie, alors autant ne pas changer, alors autant elle (Giraudoux)

Résomption veut dire reprise. Le pronom démonstratif alors « reprend » ou « rappelle » la conjonction si de la prémisse.

Voir aussi la page connexe Terminologie.